jeudi 6 octobre 2011

classiques, des fois y’a pas photos !

Je n’oserais me lancer dans un résumé, ni des considérations littéraires appréciatives... Je me suis juste régalée aussi de ces deux ouvrages. Contentons-nous de livrer un petit florilège de passages savoureux ou sujets à méditation !

L’œuvre au noir
de Marguerite Yourcenar

« Depuis près d’un demi-siècle, il se servait de son esprit comme d’un coin pour élargir de son mieux les interstices du mur qui de toute part nous confine. »

« Je me suis gardé de faire de la vérité une idole, préférant lui laisser son nom plus humble d’exactitude. »

« Il y a longtemps que je sais qu’une once d’inertie pèse plus qu’un boisseau de sagesse. »

« Le souvenir n’était qu’un regard posé de temps en temps sur des êtres devenus intérieurs, mais qui ne dépendaient pas de la mémoire pour continuer d’exister.

Moustiques de William Faulkner
« Tous les artistes subissent le même sort : l’oubli, le mépris, l’indignation et, ce qui est pire, l’adulation des imbéciles. »

« Il avait atteint cette impasse connue de tous les créateurs où il ne parvenait pas à décider par laquelle de toutes les choses qui lui restaient à faire il devait commencer. Son objet en était au point où la simplicité de l’idée initiale se subdivise en une multitude de détails matériels nécessaires. »

« Parler, parler, parler, la stupidité absolue et désolante des mots. Sans fin, comme si cela devait durer éternellement, les idées devenaient de simples sons, balles qu’ils se renvoyaient jusqu’à la complète usure. »

« Ce qu’on écrit paraît si différent, une fois imprimé. Les caractères d’imprimerie prêtent une sorte d’autorité impersonnelle, même à la stupidité. »

« Quand la jeunesse nous quitte, nous quittons la vie. Après, on se rend compte qu’on vit, et vivre devient une œuvre consciente. Comment penser ? Penser ? Dès que l’on pense consciemment, on se met à penser avec des mots. Et l’on s’aperçoit un beau matin qu’au lieu d’idées, on n’a plus que des mots dans la tête. Tandis que quand on est jeune, on est, tout bonnement. Ensuite vient le stade où l’on agit ; puis celui où l’on pense, et, en dernier, celui où l’on se souvient. Où l’on essaye de se souvenir, plutôt. »

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