jeudi 17 février 2011

p/mot de départ

Donc, pour commencer, je fais comme Sylvain, je mets mon petit mot en ligne - prononcé, je vous le rappelle ou l'apprend, à l'occasion du "vin d'honneur" donné par le NTA à l'occasion du départ d'Anne - et donc prononcé au nom du NTA - et en mon nom propre !


Chère Anne Doteau,
Voilà donc que tu quittes finalement le NTA. Après 11 ans au service du théâtre, d’abord sous la houlette de l’association Enjeu et de Jean Bauné, ton mentor professionnel, et en qualité administrative d’emploi jeune, ce bidule historique qui aura marqué notre génération autant que les 35 heures et les RTT.
Pour ma part, je ne t’ai connu au NTA que sur tes dernières années – les quatre dernières années. Je me contenterai donc d’évoquer rapidement ces années-là, les années du Quai, du nouveau NTA. Les années du changement dans la continuité, ou de la continuité dans le changement, comme on dit en politique, c’est selon…
Si je regarde dans mes archives, le premier mail que tu m’as adressé, en réponse à ma demande de rendez-vous avec toi, dit cela :
« Je suis à l’atelier Jean Dasté lundi 21 mai de 9h à 17h sur l’opération de jumelage J’ai deux mots à vous dire : ça hypothèque l’hypothèse de lundi ! » Ca hypothèque l’hypothèse... Ca c’est la première chose que j’ai noté à ton propos : ton langage. Personne ne dit « ça hypothèque l’hypothèse », personne ne dit « Je dé-réserve donc salle et billetterie », pas plus que « il ne nous est précisément pas possible de préciser le nom des collèges participants » ! Enfin, toi, si, tu dis beaucoup de choses comme ça. Tu « mets en facteur », pour reprendre ton expression, tu écris des mails récapitulatifs en une phrase interminable de six lignes, tu précises, tu détailles, tu explicites, tu circonstancies, tu relates… Et moi, dès le départ, ça m’a amusé – et ça m’a plu. Parce que tu aimes le verbe, et quoi de plus normal au théâtre ?
« chu perfectionniste ». C’est comme ça que parfois tu t’excuserais presque d’être comme tu es. Rassures-toi, être perfectionniste, c’est le défaut des Diva (féminines ou masculines !) – et on les en excuse trop souvent dans nos métiers, pour ne pas à toi accorder notre bienveillance !
L’autre chose que j’ai assez vite perçu en toi, c’est ta foi souvent ébranlée et pourtant toujours rescapée en l’éducation artistique et culturelle. Tu n’es pas la seule au NTA à croire encore au théâtre – et c’est bien ça aussi qui donne sa saveur à cette équipe, surtout pour moi qui de ce côté-là serait le plus athée d’entre vous. Après, avoir la foi et prêcher, ce n’est pas tout à fait la même chose. Et tu appartiendrais plutôt aux protestants qu’aux orthodoxes de ce côté-là. Grand bien t’en fasse. Vive la contestation et la controverse, ça aussi c’est le théâtre !
Et puis, tu es drôle. Enfin, plus exactement, moi tu me fais rire. Les pieds au mur, les roues dans la cour de déchargement du Quai, les remarques incongrues, tout ces trucs qui te transforment sans même que tu t’en rendes compte en provocatrice comme je les aime. Et comme on les défend au NTA – sur le plateau la semaine dernière avec les Perez-Boussiron – et comme on fait donc bien de les défendre aussi derrière les bureaux, en coulisses !
Plus sérieusement, je tiens très sincèrement à te remercier de ce que tu as apporté au NTA, et à moi au NTA, ces dernières années. Ton intelligence, ta disponibilité, ton honnêteté, ton sens du collectif comme on dit en foot, tes compétences en un mot. Tu en as fait la preuve jusqu’à ces derniers jours – et je t’en remercie, au nom du NTA, car j’en prends la mesure.
Il y a pas mal de choses qui vont être différentes maintenant. Et c’est bien. Ca permettra d’éviter la comparaison. On ne va pas te remplacer – on ne te fera pas cet affront-là. Toutefois, il y aura dans quelques mois un nouveau ou une nouvelle au NTA. Je peux toutefois te dire qu’Avignon n’aura pas la même saveur cette année. Mais on s’y amusera quand même ! Et on t’enverra les photos.
Pendant ce temps-là tu bronzeras, mais pas trop tu es fragile de peau, au soleil de Goiânia. Je me permets de te souhaiter beaucoup de bonheur, parsemé « d’heureux évènements » auprès de Geoffroy. Reviens-nous voir de temps en temps.
Pour finir, et à titre plus personnel, j’espère bien que nos chemins professionnels se recroiseront un jour ou l’autre. Je n’ai pas de doute sur les chemins privés.
A très vite.
Matthias

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