mardi 4 décembre 2012

récit d'un 'internement' ou "Saint Hélène, priez pour nous..."

Après 4 jours d'enflement lent mais certain de mon célèbre front bigouden, la sensation de l'intérieur était que le masque d'Elephant woman épousait progressivement mon visage. D'aucun, avec une culture plus étoilée, voire stellaire, semblait songer plutôt à une parenté avec le peuple klingon... Et la galerie des horreurs et/ou autres créatures sera bouclée plus tard, dans une triade imaginaire, science-fictionnelle, vue à la télé, sur grand écran, qui plus est 3D !
Commando vespéral à 3 vers les urgences do Hospital Santa Helena, couronné sur place par le présumé oubli de l'ensemble de mes papiers (passeport, argent liquide et carte de reconnaissance fiscale, le sésame brésilien). Il s'avéra plus tard et avec bonheur qu'ils avaient été, par inadvertance excusable, glissés dans l'autre sac avec couches, lait en poudre, tétine et jouets. La réception, charitable devant le dépitement lacrymal - attitude déshonorante qui récuse par ailleurs l'ascendance klingon - affiché malgré soi, accepte de faire l'enregistrement sur la foi des documents du conjoint.
Après une attente objective étonnamment courte - même si, en version subjective, aux basques d'une flèche de 73 cm irrésistiblement attirée par les déchets gisants au sol et les recoins crasseux d'un lieu public, cette demi-heure ressort d'un autre vécu... -, Wesley s'attelle au triage, et à l'énoncé des premiers diagnostique et protocole de soin : infection d'origine probablement dermato et œdème frontal subséquent et descendant - anesthésie, incision, drainage illico, suivis de nuit, voire journées sq,  sous surveillance avec antibiotiques en intraveineuse et tomographie de contrôle (radio en 3D, décidément...).
Donc hospitalisation. Qui dit hospitalisation à l'étranger dit réjouissances préalables auprès d'Inter-mutuelle assistance pour un feu vert téléphonique donné de Poitiers. Après avoir constaté le manque de conventionnement avec le moindre établissement hospitalier goiano et suggéré une course de 3h vers un labellisé sur Brasília, Catherine donne son aval.
Fin de l'Acte I.

Acte II.
La flèche épuisée rentre au bercail avec un papa célibataire nocturne. Consultation avec un ORL qui confirme la nécessité de l'hospitalisation vu l'ampleur de l’œdème, la localisation délicate dudit et l'éventualité d'une contamination infectieuse des yeux ou des méninges, à travers toute sorte de cavités, sinusales et autre...
Nouvelle attente, esseulée cette fois, d'une interminable heure un quart, avant la suite des festivités administratives. Avec, en climax, l'annonce d'une condition sine qua non à mon internement, le dépôt immédiat d'un chèque de 5000 reais. Hic : notre compte courant brésilien n'est pas assorti de l'option "chéquier".
Que faire ? La réception me renvoie vers Edson Jr, l'ORL, qui me propose de me réorienter, nuitamment et sur le champs, vers l'alternatif et aléatoire réseau public de soin, en insistant : il faut que je sois "internada". Et d'ajouter que, à lui aussi, cette bureaucratie lui échappe et qu'il n'y est pour rien mais y est contraint.
Que faire, bis ? Joindre Super Zé pour lui soutirer le sésame, le chantage affectif sous la gorge...
22h30, j'accède enfin à un téléphone pour formuler ma requête à un José jet-laggé et qui passe tout juste le seuil de sa maison. Sa réponse : il arriiive, pour signer le "bon à interner". Et pour apporter, du bout des lèvres et "pour blaguer", sa contribution au jeu des ressemblances : "tu aurais pu jouer dans Avatar !..." Je souris, je le sens soulagé d'avoir osé ! Je lui dois bien ça, il va de surcroît se taper une ultime course aller/retour pour me laisser à 0h08 le kit de survie nuisette/gel douche/brosse à dents préparé, entre deux mails et une berceuse, par un Geoffroy en contact câlin avec Choupi et électronique avec la mutuelle...

Acte III
Qu'est que le contraire d'un lit douillet ? La couche spartiate composée d'une planche de fer non inclinable et d'un matelas de plastique de 8 cm d'épaisseur. 
Pause de la perfusion par une infirmière pour le moins taciturne - trait de caractère quasi généralisé de sa gent. Trop tard pour casser la croute. Interdiction de prendre une douche. Aide pour enfiler un pyjama promise, mais non due... Moralité : un mini-yop fraise tiède, un brossage de dents dans un évier qui fuit - ouf, ce n'est pas la poche de la perf' accrochée sommairement au porte-serviette qui me dégouline sur les pieds - et une nuit en robe de jour ! 
Toux environnante, néon du couloir, aiguille dans le poignet et cocktail avec ingrédient corticoïdique. Il semblerait que la fatigue m'ait tout de même assommée de 3h à 5h. Clairon à la perceuse de 7h10 à 7h30 - puis plus rien, excellent timing du chef de chantier, isn't it ? Petit dèj' réclamé vers 8h30, livraison souriante, ouf. Plongée dans cette nouvelle journée...



1 commentaire:

  1. et avec tout ça, tu n'écris pas un livre ?
    tu es mon avatar préféré !
    j'espère qu'une vraie photo gardera la mémoire de ton déboire...

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