« D’accord, aller dans un pays étranger, c’est intéressant, mais c’est, aussi, déstabilisant. Angoissant. Déboussolant. Je ne sais pas comment on fait pour l’oublier. »« Dans le théâtre de l’exil, on peut se "dénoncer" comme étranger par son apparence physique, sa façon de bouger, de manger, de s’habiller, de réfléchir et de rire. Petit à petit, consciemment ou inconsciemment, on observe, on s’ajuste, on commence à censurer les gestes et les attitudes inappropriés… Mais le plus gros morceau, si l’on aspire à se fondre dans la masse d’une population nouvelle, c’est bien évidemment la langue… »
« A l’étranger, on est enfant à nouveau, et dans le pire sens du terme : infantilisé. Réduit à l’infans, c’est-à-dire au silence ; privé de parole. Totalement idiot et impuissant ! (La langue anglaise le dit bien, qui fait converger dans le mot dumb le mutisme et la bêtise). Il n’y a plus que la vie pratique, dont chaque menu détail est une montagne. »
« Et on a beau faire de lyriques laïus sur la musique-langue universelle, l’harmonie des sphères, la communication des cœurs, la beauté du geste et je ne sais quelles balivernes encore… les mots restent tout de même imbattables comme moyen de communication. »
Déjà, j’avais une affinité avec cette alien, cette canadian woman in Paris... Merci Nancy Huston pour la réflexion en écho sur l’expérience de l’expatrié dans ce "terrifiant" petit opus sur l’exil Nord perdu, chez Babel, la bien nommée !
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